La traversée de la rade s’invite à nouveau dans les débats du Grand Conseil
Après plusieurs heures de discussion, le Grand Conseil a refusé l’initiative populaire de l’UDC « Pour une traversée de la rade » (61 non, 31 oui et 2 abstentions). Le principe d’un contreprojet, qu’une majorité de la commission des travaux appelait pourtant de ses vœux, a également été refusé par le plénum. (59 non, 35 oui et 1 abstention). L’initiative sera donc seule soumise au peuple en votation.
Pour mémoire, ce texte se fonde sur un projet élaboré en 2004. L’objectif étant la construction d’une traversée sous-lacustre de deux fois deux voies allant de l’avenue de France au Port-Noir, d’un tunnel de liaison de deux fois une voie en direction de la route de Malagnou et la mise en place des mesures d’accompagnement élaborées en 2004 par un groupe de travail constitué à cet effet. Outre cela le texte mentionne un délai de 6 ans pour la réalisation du projet estimé à 890 millions de francs.
Rapporteur de majorité, Bertrand Buchs a insisté sur les défauts de cette « fausse bonne idée ». En raison de son coût, la réalisation de cette traversée de la rade mettrait à mal les finances du canton et empêcherait la concrétisation de projets prioritaires tels que la rénovation de bâtiments scolaires ou le développement des transports en commun.
Par ailleurs, le trajet proposé ne résoudrait pas les problèmes de circulation au centre-ville qui serait confronté à des bouchons à l’entrée et à la sortie du tunnel, voire à des « encolonnements » à l’intérieur de l’ouvrage. Aucune mesure d’accompagnement n’étant possible.
Outre cela, il faudrait aussi s’attendre à des oppositions de la Ville de Genève qui engendreraient un report du chantier et contribueraient à alourdir considérablement la facture.
Pour toutes ces raisons, Bertrand Buchs appelait le plénum à opposer un contreprojet à cette initiative. Cette proposition a également été refusée par le parlement en partie défavorable à la traversée du lac qui figurait comme une possibilité.
La décision finale quant à l’issue de l’initiative « Pour une traversée de la rade » revient donc au peuple qui tranchera sur cette question.
Le parlement soutient le Conseil d’Etat dans ses démarches suite à l’acceptation par le peuple suisse de l’initiative « Contre l’immigration de masse »
Le parlement a renvoyé au Conseil d’Etat une résolution de l’Entente cosignée par les Socialistes et les Verts visant à soutenir l’Exécutif dans ses démarches pour l’obtention de contingents répondant aux besoins prépondérants de l’économie du canton. (62 oui, 32 non et 1 abstention).
L’acceptation par le peuple suisse de l’initiative populaire « Contre l’immigration de masse » a plongé le pays dans l’incertitude, ennemi bien connu des entreprises et de l’économie. Si elle devait se prolonger, cette incertitude aurait notamment un effet négatif sur les investissements et sur l’emploi.
A Genève, la levée de contingents a permis de créer, durant ces dernières années, 80’000 postes de travail qui participent à la prospérité et au rayonnement du canton. Comme la plupart des cantons ayant refusé l’initiative, Genève fait partie des gros contributeurs à la péréquation intercantonale. Sa part s’élevant à 270 millions de francs en 2014.
Le 9 février 2014, sitôt le résultat du vote connu, le gouvernement a annoncé qu’il se battrait pour défendre les intérêts de Genève.
En votant cette résolution, le PDC a confirmé son soutien au Conseil d’Etat et s’est dit attentif au maintien du regroupement familial.
Les étrangers ne bénéficieront pas de l’élargissement de leurs droits politiques
Le Grand Conseil a refusé « l’ouverture des droits politiques complets sur le plan communal et cantonal aux étrangers habitant depuis au moins 5 ans en Suisse ». Une proposition émanant des députés Verts. (52 non, 41 oui et 1 abst).
Cette disposition vivement débattue à l’Assemblée Constituante se limite dans la nouvelle Constitution à accorder le droit de vote communal aux étrangers domiciliés en Suisse « depuis 8 ans au moins ». (Art 48 al.3).
Le PDC a voté l’entrée en matière sur ce projet de loi. Il aurait refusé l’élargissement des droits au plan cantonal et proposé un amendement visant à accorder le droit d’éligibilité aux étrangers après 8 ans de domicile légal en Suisse, si l’entrée en matière avait été acceptée par le parlement.
Aux yeux de nos élus, lier le droit de vote existant déjà sur le plan communal au droit d’éligibilité relève du pur bon sens. L’argument selon lequel il faut être intégré dans la société civile pour être élu n’a visiblement pas convaincu.