Attaques infondées et propos injurieux n’auront pas épargné nos élus en première partie de séance. En cause : un projet de loi déposé par le PDC suite à la décision du Bureau du Grand Conseil, prise en août 2013, d’augmenter les jetons de présence des élus de 25% pour la législature 2013-2018.
Cette décision avait notamment été motivée par la complexification du travail des députés, l’absence d’indexation au coût de la vie depuis de longues années et, officieusement, la nécessité pour certains de compenser la fiscalisation nouvellement instaurée des indemnités.
Considérant qu’une augmentation de l’ordre de 9% aurait pu se justifier d’un point de vue économique, le PDC était par contre défavorable à l’ordre de mesure de 25% décidé par le bureau qui constituait, de son point de vue, une maladresse politique.
Ainsi, le PDC proposait de modifier la loi portant règlement du Grand Conseil afin qu’il revienne au Parlement dans son ensemble de décider des aspects rémunératoires de la fonction d’élu.
-Tous les élus doivent pouvoir se prononcer sur des décisions qui les concernent directement et personnellement.
-Le débat public sur les questions rémunératoires renforce la transparence du Grand Conseil et la crédibilité des élus.
-Les questions ayant trait aux dépenses publiques deviennent de plus en plus sensibles dans la population et une augmentation des jetons de présence ne contribue qu’à péjorer l’image de la classe politique.
-Avec une dette de l’Etat cumulée de 13 milliards de francs, il est inapproprié que les élus grèvent, même de façon insignifiante, un budget que le Conseil d’Etat s’efforce de maintenir à l’équilibre.
-Les élus doivent montrer l’exemple en faisant preuve de probité et de dévouement à l’intérêt général. Leurs intérêts particuliers doivent être laissés de côté.
Aux attaques proférées à son encontre, le PDC répond qu’il n’a pas de leçon à recevoir de ceux qui prétendent défendre les défavorisés et combattre les privilèges tout en soutenant une augmentation de leur indemnité de 25%.
Le PDC déplore en outre que les questions de fond légitimes soulevées par le projet de loi aient été éludées par les dérapages regrettables survenus lors du débat en plénière.
Le projet de loi PDC sur la rémunération des députés a été refusé par tous les groupes à l’exception du PDC et du PS. (62 non, 26 oui)
Renvoi à la commission des travaux de la motion émanant des VERTS et du PDC demandant au Conseil d’Etat l’abrogation de la loi 11254 ouvrant un crédit d’étude pour le projet de prison « Les Dardelles ».
Le traitement en urgence réclamé par les Verts, contre l’avis du PDC, est passé la rampe. C’est à la commission des travaux qu’il reviendra de se pencher sur la demande des motionnaires. (Renvoi à la commission des travaux décidé par 50 oui, 35 non, 4 abstentions)
Pour mémoire, une motion relative au projet de prison « Les Dardelles » était déposée le 2 septembre 2014. Emanant des Verts et du PDC, le texte prie le gouvernement d’étudier un projet de prison inter-cantonal sur les sites d’autres cantons romands en collaboration avec ces derniers.
Le crédit d’étude relatif au projet « Les Dardelles » avait obtenu l’aval du Grand Conseil à une faible majorité. Et pour cause ! Ce projet occasionne la perte de près de 20 hectares de terres agricoles dont 17 hectares d’assolement (SDA) et devrait générer des coûts de construction estimés actuellement à 340 millions pour une prison de 450 places. Soit 755’000 francs la place de détention auxquels il faut ajouter d’importants coûts de fonctionnement et de lourds impacts pour le budget de l’Etat de Genève.
Au vu du contexte budgétaire difficile et des efforts déjà fournis par Genève en matière de collaboration inter-cantonale avec la construction de Curabilis, le PDC et les Verts estiment que Genève en a assez fait. Il revient maintenant aux autres cantons romands d’assumer leurs responsabilités en développant un projet inter-cantonal de détention.
Alors qu’il existe des solutions moins chères, ce projet de motion ne doit pas être considéré comme une attaque contre la planification pénitentiaire du magistrat Pierre Maudet. Bertrand Buchs invoquant le droit de réfléchir à des alternatives moins coûteuses.
Autre argument évoqué par Martine Roset, motionnaire démocrate-chrétienne : la nécessité de fixer des priorités pour l’utilisation des surfaces d’assolement (SDA). A cet égard, la députée devait préciser que le logement fait cruellement défaut à Genève et que le PDC s’engage avec force pour y remédier. Pratiquer l’intercantonalité équivaut enfin à mettre en oeuvre les demandes du Conseil d’Etat adressées aux communes en matière d’intercommunalité, pour ce qui concerne la construction d’infrastructures publiques.