Le 21 mai prochain les Genevois retournent aux urnes pour s’exprimer à nouveau sur les tarifs des transports publics. On s’en souvient, lors de la dernière votation, le peuple avait tranché par une courte majorité pour diminuer les prix. 3 ans plus tard, c’est la soupe à la grimace, les TPG subissent une baisse de revenu record, impliquant une diminution des prestations et un développement du réseau anémique. C’est maintenant l’occasion d’inverser cette tendance en offrant aux genevois un service public de qualité et non au rabais. Car nous le valons bien !
En mai 2014 plusieurs membres de l’Avivo avait convaincu la population qu’un résultat dans leur sens ferait augmenter drastiquement le nombre d’abonnés, compensant ainsi la perte engendrée par une baisse des prix. Trois ans après, la vision s’est estompée et la fumée retombée, laissant place à une réalité bien différente. La baisse des tarifs appliquée depuis décembre 2014 n’a provoqué qu’une hausse très marginale de la fréquentation (1’000 nouveaux usagers ont choisi de s’abonner, sur un total de 109’000). Pas de quoi compenser la perte des recettes subies par le transporteur public genevois, qui accuse un déficit estimé à près de 10 millions de francs pour l’année 2015.
Suite à la votation de 2014, le développement du réseau genevois et l’offre des TPG a été fauché en plein vol. Les TPG ont dû se revoir au rabais. La période de pointe a été limitée à 19h en soirée sur les lignes de bus, de même qu’un passage moins fréquent des trams a été imposé entre 9h et 16h. En tout, depuis 2014, l’offre globale a été amputée de près de 5% pour pallier à la baisse des recettes.
Une situation devenue intenable pour tous ceux pour qui le service public doit être synonyme de qualité. Comble du paradoxe, le réseau de transport public cantonal est de loin l’un des plus dense du pays, il est aussi le moins cher. A titre d’exemple les abonnements annuels adulte des autres grandes villes suisses sont tous plus onéreux, puisqu’ils coûtent par exemple 790 CHF à Berne, 782 CHF à Zurich, ou encore 740 CHF à Lausanne, contre seulement 500 CHF à Genève. Il en va de même du prix du titre de transport individuel.
De plus, depuis la fin de l’année dernière, une nouvelle augmentation des prix au niveau national s’est imposée. L’ensemble du pays a connu une majoration de l’ordre de 3% sur les tarifs à l’exception de Genève. Loin d’être une bonne nouvelle cette situation met Genève dans une position inconfortable face à la Confédération. Il faut savoir que les instances fédérales sont en droit d’exiger une baisse de sa contribution financières sur les lignes genevoises régionales au motif que celles-ci seraient considérées trop déficitaires face à la moyenne du pays. Cette possibilité ferait encore augmenter les charges du canton en faveur des transports publics entrainant une perte sèche estimée à plusieurs millions de francs.
Le 21 mai prochain les genevois auront la possibilité de mettre un terme à ce déséquilibre cantonal. En glissant leur bulletin de manière raisonnée dans l’urne, ils pourront rééquilibrer le plan tarifaire des TPG. Ils pourront à nouveau offrir aux transports publics la possibilité de poursuivre l’amélioration de l’offre tout en maintenant les prestations actuelles. De plus, les nouveaux tarifs soumis à référendum restent largement inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres cantons, ils restent même plus bas que ceux pratiqué avant 2014. Alors pour remettre nos TPG sur de bons rails, le 21 mai 2017 votons juste, votons OUI à la LTPG !
Cédric Tonoli