La députation a déposé cette semaine deux propositions de motion.
–La première est issue du programme électoral du PDC. Cette motion a pour objet l’instauration d’un congé parental cantonal rémunéré lors des deux dernières semaines du congé maternité genevois. (Semaines 15 et 16).
Rappelons au passage que le congé parental doit être pris par l’un ou l’autre parent. Il faut savoir aussi qu’en offrant 16 semaines de congé maternité, la loi genevoise est plus généreuse que la loi fédérale qui prévoit 14 semaines. La Confédération autorise des aménagements plus favorables de la part des cantons.
Cette mesure pourrait être financée par les cotisations paritaires de l’assurance maladie cantonale. Dans le cadre d’égalité de traitement salarial entre hommes et femmes, comme le demande la Constitution, il n’y aura aucun coût supplémentaire.
Cette proposition est motivée par un constat : l’importance du rôle et de l’implication du père dans l’accueil d’un nouveau-né, puis dans l’éducation de l’enfant, n’est ni légalement ni socialement reconnue à sa juste valeur.
Pour le PDC, il convient de changer cette vision arriérée de la famille qui ne correspond ni à la vie quotidienne des jeunes familles, ni à l’évolution de la société, ni à la reconnaissance de l’égalité homme-femme au sein de la structure familiale, du corps social et du monde du travail.
Alors que toutes les démarches visant à l’introduction d’un véritable congé parental sur le plan fédéral n’ont jusqu’ici pas été prises en compte, le PDC souhaite provoquer le débat au niveau suisse et offrir au niveau cantonal un vrai choix aux jeunes parents.
-La deuxième motion est en lien avec l’actualité de cet été. Cette motion propose l’élaboration d’un code de bonne conduite des religions à Genève.
Face aux craintes de la population de voir notamment apparaître en Europe un Islam « dur », la motion PDC vise à établir une sorte de « code de bonne conduite » élaboré en concertation avec les représentants des différentes religions recensées à Genève. L’objectif est de concilier la laïcité et la liberté religieuse dans une société de plus en plus hétérogène. Il importe, à cette fin, d’identifier avec les personnes intéressées les comportements pouvant provoquer des rejets et les solutions permettant de mieux vivre ensemble.
Cette proposition vise enfin à concrétiser l’application de l’article 3 de la nouvelle Constitution. Elle fait suite aux débats récurrents sur le port du voile dont le dernier remonte au début de l’été 2013. Pour rappel, le Tribunal Fédéral donnait gain de cause à deux écolières musulmanes empêchées par le règlement de leur école de porter le voile.